« Les fermes à saumon norvégiennes sont de bons clients » : l’amidonnerie de Tereos dope encore le trafic de l’axe Seine

Quand on parle de grandes usines industrielles, on pense souvent pollution, fumée, pétrole. Pourtant, sur les bords de la Seine, il existe une autre histoire. Celle d’une raffinerie 100 % végétale, qui transforme simplement du blé. Et qui, au passage, fait tourner les bateaux, nourrit des saumons norvégiens et prépare même le carburant d’avion de demain.

Une usine qui raffine… du blé, pas du pétrole

À Lillebonne, dans la zone industrielle de Port-Jérôme, le groupe coopératif Tereos exploite une usine assez surprenante. Elle ressemble à une raffinerie classique avec ses cuves, ses tuyaux, ses colonnes. Mais au lieu de traiter du pétrole, elle ne reçoit qu’une seule matière première : du blé.

Cette usine existe depuis la fin des années 1960. Au départ, elle fonctionne comme une amidonnerie traditionnelle. Elle extrait l’amidon pour l’alimentation humaine et animale. Petit à petit, elle évolue. En 2007, elle ajoute une nouvelle corde à son arc : la production de bioéthanol, un carburant issu du végétal.

Une même graine de blé permet donc de fabriquer plusieurs produits. Rien ne se perd, ou presque. C’est ce qui fait de ce site une sorte de « raffinerie intégrale » du blé.

Un emplacement stratégique sur l’axe Seine

Si Tereos a installé cette usine ici, ce n’est pas un hasard. L’emplacement sur l’axe Seine est essentiel. L’usine se trouve à environ une heure de navigation de la mer, connectée au terminal fluvio-maritime de Radicatel, près de Rouen.

Concrètement, cela signifie que le blé peut arriver en barges ou en navires directement par la Seine. Moins de camions sur les routes, plus de transport par voie d’eau. C’est un avantage économique, mais aussi environnemental. Et ce même fleuve sert ensuite à expédier les produits finis vers les clients.

Ce jeu d’allers-retours sur la Seine dope le trafic fluvial et maritime. Radicatel y gagne, mais aussi Le Havre, qui devient un véritable carrefour pour ces flux de matières premières et de produits transformés.

Des clients parfois inattendus : les fermes à saumon norvégiennes

Quand on pense amidon ou sous-produits du blé, on imagine des biscuits, des pâtes ou de la nourriture pour animaux de ferme. Pourtant, parmi les bons clients de Tereos, on trouve un acteur plus surprenant : les fermes à saumon norvégiennes.

Les sous-produits riches en protéines tirés du blé intéressent fortement l’aquaculture. Ils servent à élaborer des aliments pour poissons, en particulier pour le saumon élevé en Norvège. Ces produits permettent de diversifier les sources de protéines et de limiter un peu la pression sur la pêche de poissons sauvages utilisés pour la farine de poisson.

Résultat : le blé débarqué en Normandie entre dans un circuit mondial inattendu. Une partie de sa valeur se retrouve, quelques mois plus tard, dans l’assiette des consommateurs, sous la forme d’un pavé de saumon venu de l’autre bout de l’Europe.

Du blé, de l’amidon, du bioéthanol : comment tout s’emboîte

Le principe de la raffinerie végétale de Tereos repose sur la valorisation intégrale du grain. Un même blé peut donner :

  • de l’amidon pour l’agroalimentaire et l’industrie (textile, papier, carton, colle)
  • des sous-produits protéiques pour l’alimentation animale et l’aquaculture
  • du bioéthanol utilisé comme carburant, souvent mélangé à l’essence
  • du CO2 biogénique, récupéré au lieu d’être relâché directement dans l’air

Ce fonctionnement en cascade limite le gaspillage. Chaque fraction du grain trouve sa place. Chaque flux interne est pensé pour alimenter un produit utile sur un marché différent.

Futerro : le plastique biosourcé qui change la donne

Dans les années qui viennent, une nouvelle étape doit encore transformer le site. Le spécialiste belge du plastique biosourcé Futerro prévoit de s’installer à proximité directe de l’usine Tereos. L’idée est simple, mais puissante.

Futerro fabrique des plastiques à partir de ressources végétales, pas de pétrole. En utilisant des sucres issus du blé transformé par Tereos, l’entreprise pourra produire des bioplastiques sur place. Cela renforcera la chaîne locale, limitera les transports et augmentera encore le volume traité par la raffinerie végétale.

Pour le terminal de Radicatel, cette arrivée signifie plus de marchandises à charger et décharger. Plus de trafic pour la Seine. Et pour la région, une filière complète qui va du champ de blé au granulé de plastique biosourcé.

Une nouvelle vie pour le CO2 : le projet Kereauzen

Autre élément clé : le CO2 biogénique produit sur le site. Quand on fabrique du bioéthanol ou certains dérivés de l’amidon, du dioxyde de carbone est émis. La différence avec un site fossile ? Ce CO2 vient de la plante, pas du sous-sol. Il a été capté par le blé pendant sa croissance.

Au lieu de laisser ce CO2 partir dans l’atmosphère, Tereos peut le capter et l’envoyer vers des projets de carburants de synthèse. C’est là qu’entre en scène le projet Kereauzen, tourné vers les électro-carburants pour l’aérien.

En combinant ce CO2 biogénique avec de l’hydrogène produit par électricité renouvelable, il devient possible de synthétiser des carburants adaptés à l’aviation. L’objectif : proposer à terme des carburants durables capables de réduire l’empreinte carbone des vols.

Le Havre profite directement de cette ressource en CO2 issu du végétal. Le port devient un point de convergence entre industries lourdes, logistique maritime et nouvelles énergies.

Un effet domino sur tout l’axe Seine

Quand Tereos augmente son activité, ce n’est pas seulement une usine qui tourne plus vite. C’est toute la chaîne de l’axe Seine qui s’active. Plus de blé à acheminer depuis les plaines céréalières. Plus de barges et de navires à charger. Plus de flux en sortie vers les clients en Europe et au-delà.

Pour Radicatel, cela signifie plus de rotations, plus de tonnage et donc plus de poids dans la compétition entre ports. Pour Le Havre, ce sont de nouveaux trafics en lien avec le CO2, les biocarburants et les futurs électro-carburants.

Cette dynamique crée aussi des emplois logistiques, des besoins de services portuaires, de maintenance, d’ingénierie. En résumé, chaque tonne de blé qui passe par la raffinerie végétale génère des retombées bien au-delà de ses murs.

Pourquoi cela vous concerne, même de loin

À première vue, tout cela semble très technique. Une usine, des terminaux, du CO2, des saumons norvégiens. Pourtant, cela touche directement votre quotidien.

Dans votre assiette, à travers les aliments transformés, les produits à base d’amidon, ou le poisson d’élevage. À la pompe, grâce au bioéthanol mélangé au carburant. Dans les airs, demain, avec les carburants d’aviation durables issus de CO2 biogénique. Et même dans vos emballages, si les plastiques biosourcés prennent plus de place.

Derrière ces grandes installations industrielles, il y a donc une vraie question : comment utiliser au mieux chaque grain de blé, chaque molécule de carbone, chaque kilomètre de fleuve. Sur l’axe Seine, l’amidonnerie de Tereos montre qu’une raffinerie peut être à la fois végétale, connectée au monde et au cœur de la transition énergétique.

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Auteur/autrice

  • Camille Valette, spécialiste SEO dédiée au secteur de la santé, met au service de la Pharmacie Landerneau Jouillat son expertise en référencement et sa passion pour la vulgarisation médicale. Forte de nombreuses années dans la création de contenus fiables et engageants, Camille s'attache à fournir des informations claires, actualisées et accessibles à tous. Sa maîtrise des dernières tendances SEO et des enjeux santé/actualités permet d'assurer la visibilité et la crédibilité du site, tout en garantissant la satisfaction des internautes et des usagers de la pharmacie.

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